Depuis le microcosme sévrien cherche l'initiateur de ce sondage, qui me paraissait bien peu professionnel. Des bruits courent sur ses résultats mais personne ne dispose d'aucun chiffre. Foin d'anxiété, ne nous focalisons pas sur ce sondage qui comme d'autres avant lui a toutes les chances de ne pas correspondre au résultat final. En dehors du fameux "DEWEY defeats TRUMAN", titre triomphal d'un journal n'étant sur, au vu des sondages que du résultat final, le candidat répoublicain devant écraser le sortant démocrate en 1948, TRUMAN fut triomphalement élu. En 1936, le "Literary digest" avait fait un des premiers sondages à partir d'une liste d'élceteurs pris dans l'annuiare du téléphone et le registre des immatriculations automobiles. Le verdict en fut abrupt LANDON battait ROOSEVELT. Je ne vous révèle pas la fin. Le "digest" avait oublié que nombre d'américains ne possédaient ni téléphone, ni automobile et qu'ils votaient plutôt démocrate. Aujourd'hui les sondages sont téléphoniques. France télécom vient de perdre 600.000 abonnés en un an. Qui interrogera, à partir de quel annuaire et en quelles proportions, les dizaines de milliers de foyers, déjà significativement présents à Sèvres qui ont quitté "l'opérateur historique" et qui ont toutes les chances de ne pas correspondre au "français dit moyen"?
Sondage [daj’] n.m. techn. Action de sonder, résultat de cette action.
Sondeur, euse n. Qui sonde, sait sonder.
Si le sondeur était en argot, au début du siècle, un «agent de la sûreté », Le «père sondeur » dénommait lui un juge à la fausse bonhomie. La bonhomie en moins, le sondeur d’aujourd’hui, par la seule magie de ses chiffres, prononce les peines. Les erreurs passées sont vite oubliées et nous voilà tremblant au verdict.
Le sondage est «bon » et voilà que chacun s’extasie sur la prouesse et dissèque toutes les raisons des lendemains qui vont chanter. Le sondage est moins bon, chacun démontre scientifiquement les multiples raisons incontournables de la descente de l’être jadis aimé. Les mines se font graves, le journaliste guilleret qui vous interrogeait suavement hier sur votre programme, vos idées si excitantes, vos actions si pertinentes, se fait accusateur, relève que ce même programme est inconsistant, que vos propositions sont inexistantes tout en étant irréalistes. Il vous somme de vous expliquer sur la perte du point ou des points si chéris. Car ces points virtuels et ectoplasmiques peuvent séparer le groupuscule protestataire du parti de gouvernement, voire, plus grave, le secrétaire d’état du ministre. Du côté de l’objet des sondages, deux possibilités, se mettre la tête dans le sac et ne plus bouger, attendre, comme dans les sables mouvants où chacun sait que le moindre mouvement crée un phénomène d’aspiration vers le bas. On peut aussi, relever la tête crânement et se gausser des «petits chiffres du week-end » si le sondage est mauvais ou de «l’indicateur politique de première importance » s’il est bon.
Une solution pour ne mécontenter personne et avoir au final de bons résultats, présenter deux candidats écologistes. Le second proposant le contraire du premier, pour le nucléaire, pour la chasse, des charters pour les immigrés, un plafond de tolérance pour le nombre de femmes dans la vie publique etc. Les points que perdrait un candidat devraient logiquement être gagnés par l’autre et nous attendrions le dénouement de la campagne avec sérénité. Ce scénario est hélas improbable du fait du nombre important de concurrents que nous aurions sur le second créneau.
Alors, un seul conseil à toutes et à tous pour se prémunir des probables descentes et (re)montées : se munir de Nautamine®.
ajouter un commentaire commentaires (0) créer un trackback recommander







Commentaires