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Sèvres

Mercredi 10 mai 2006
Les 16156 m 2 des 250 logements de la résidence des Hauts-de-Sèvres à Sèvres seront donc vendus à la découpe par la société GECINA, société contrôlée par le groupe espagnol METROVACESA. 
Cette société est une spécialiste de l’immobilier et possède un parc important, quasiment exclusivement en région parisienne.
 
Un de ses points de faiblesse est justement la vulnérabilité de son parc trop concentré à et autour de Paris( + de 95% de son parc) donc soumis à des possibilités de fluctuations de prix importantes. Si l’immobilier s’effondre à Paris ou ne baisse seulement que de quelques pour cent, c’est l’ensemble de la société qui en est affecté sans pouvoir équilibrer par de bons ou moins mauvais résultats sur d’autres sites. Cette faiblesse est pointée par les analystes financiers qui suivent GECINA.
 
« Les points faibles de la valeur
- Gecina (GFC) est très dépendante de la santé du marché local parisien (96 % des loyers du groupe sont perçus à Paris et en région parisienne). »
 
Conséquence : un désengagement du locatif résidentiel le moins fructueux en Ile-de-France, secteur qui rapporte déjà moins que l’immobilier de bureaux.
 
GECINA l’a si bien compris qu’elle vient d’inaugurer un immeuble de bureaux à Levallois-Perret et achète le 3 mai dernier un immeuble de 5000 M2 de bureaux à Paris.
Dans son rapport 2004, la société précise :
 
« Les investisseurs institutionnels, et
notamment les sociétés foncières,
ont mis à profit les fortes valorisations
du marché pour mener une politique
de désengagement de l’immobilier
d’habitation. Leur importance au sein
des bailleurs privés du secteur locatif
libre a donc régulièrement diminué.
Bien que première foncière française,
GECINA représente une part non
significative de ce secteur. »
 
Faut-il en penser que cela constitue sa politique ?
 
Son patrimoine locatif est impressionnant, dans notre secteurs GECINA est propriétaire de nombre d’immeubles à Boulogne-Billancourt et aussi de quelques propriétés de Ville d’Avay, Meudon, Vanves etc.
 
 
Les locataires ont six mois pour indiquer s’ils souhaitent acheter ou terminer leur bail et quitter leur logement. Les prix sont fixés à 3750 euros du M2 Deux éléments devraient pouvoir faire baisser le prix d’acquisition l’ancienneté dans les lieux et la date d’échéance du bail. Ces réductions pourront s’étager ainsi de 8 à 20%. Trois tarifs coexistent : pour les locataires, les investisseurs et les « extérieurs ».
La vente peut être une opportunité pour certains qui souhaitent s’agrandir, changer de logement. Les personne âgées « bénéficient des protections accordées par la loi » me précise une des négociatrices du groupe qui fait état de « l’enthousiasme » général dont le retour d’anciens locataires qui voulaient acheter mais n’avaient pu le faire précédemment. On peut douter que l’enthousiasme soit partagé par tous. On pense généralement qu’1/4 des locataires ont les moyens ou l’envie de devenir propriétaire dans ce cas de figure.
L’impact sur le quartier n’est pas quantifié. Une société décide brusquement de changer la vie de 252 foyers et d’un quartier de notre ville parce qu’il faut consolider les comptes, prendre ses bénéfices, distribuer des dividendes.
 
Que faire ?
Le programme local de l’habitat de la communauté du Val de Seine (Sèvres et Boulogne-Billancourt) dans sa thématique 3 propose de recourir à l’acquisition et l’amélioration de logements privés qui rentreraient alors dans le parc social.
C’est la proposition que je ferai à la SEMI (Société d’économie mixte de Sèvres) de faire un montage avec la communauté d'agglomération, permettant d’acquérir tous les logements en vente, dont les locataires ne souhaitent pas faire l’acquisition, pour préserver notamment la mixité sociale du quartier.
L’objectif est de permettre le maintien sur place des ménages ayant des niveaux de revenus moyens ce qui constitue le profil du secteur.
Je demande à la Communauté d’agglomération, compétente , d’intervenir sur ce point.
Comme le précise l’action 3.2 du programme local de l’habitat de la communauté, nous souhaitons « éviter l’amplification du phénomène de vente à la découpe et surtout ses conséquences en terme de peuplement, induite par la disparition de logements à loyers bas ou intermédiaires » (sic). La communauté doit utiliser, comme prévu, « l’outil de la préemption ».
Je n’insisterai pas sur la phrase du programme local précisant qu’il faut « prévenir ces ventes en instaurant des réserves pour le logement (…) grâce à une veille active ».
Cette prose de Jean-Pierre FOURCADE et de François KOSCIUSKO-MORIZET vaut pour ce qu’elle pèse dans la réalité : rien. Nous avons à exiger que ce programme soit suivi d’effets concrets.
La réalité nous y pousse.
 
par Frédéric Puzin publié dans : Sèvres aujourd'hui
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