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Sèvres

Vendredi 4 mai 2007

Luc Blanchard, président de Val de Seine Vert

Le parisien de son édition d'hier 3 mai 2007 : Les écologistes gagnent leur bras de fer contre Santini

 

LE COMBAT aura duré huit ans. André Santini contestait depuis 1999 devant les tribunaux l'agrément préfectoral accordé à l'association Val de Seine Vert. Cette dernière a finalement obtenu gain de cause auprès du Conseil d'Etat. Les militants écologistes se sont notamment illustrés ces dernières années en gagnant leur bataille contre le projet de construction de la Fondation Hamon sur l'île Saint-Germain. Val de Seine Vert estime avoir été victime d'un « acharnement judiciaire » destiné à lui clouer le bec. « André Santini savait bien que nous n'étions pas une association de complaisance et il considérait qu'obtenir l'agrément de la préfecture nous donnerait encore plus de poids que l'on en avait déjà », analyse le président de l'association de défense de l'environnement, Luc Blanchard, qui est par ailleurs candidat vert aux élections législatives dans la 8 e circonscription*. C'est précisément ce mélange des genres que dénonce le maire UMP de Sèvres, François Kosciusko-Morizet, qui avait, lui aussi, donné au préfet, pour cette raison, un avis négatif à l'agrément de l'association. « Parmi les membres du conseil d'administration de cette association, il y avait des Sévriens battus aux élections qui utilisaient à mes yeux Val de Seine Vert comme une machine de bataille politique, explique l'élu. Depuis, j'estime qu'ils font un travail intéressant. »

 

 « Questions de droit » ou « motifs politiques » ? A la mairie d'Issy-les-Moulineaux, on affirme que l'action en justice engagée par la ville était dictée par des « questions de droit » et non par des motifs « politiques » de vengeance. « Nous sommes d'un côté sollicités par le préfet pour donner notre avis sur une association et le Conseil d'Etat nous répond de l'autre que nous n'avons pas intérêt à agir contre l'agrément et que cela ne nous regarde pas, explique-t-on au cabinet du maire. C'est tout de même assez surprenant. » Selon le vice-président de l'association Val de Seine Vert, la vraie raison est que « de nombreux élus locaux voient d'un mauvais oeil l'intervention des associations dans leurs projets d'aménagements ». Certaines se battent pour le maintien d'espaces verts ou de quartiers pavillonnaires, défendent les riverains d'un parc ou militent contre le mitage immobilier... en obtenant parfois gain de cause. Au grand dam de promoteurs ou d'élus. Impliquées depuis des années sur le terrain, une trentaine d'associations des Hauts-de-Seine peuvent se prévaloir de l'agrément de la préfecture pour la protection de l'environnement (voir ci-dessous). Mais c'est souvent au prix d'âpres batailles locales que les militants finissent par s'imposer localement comme des interlocuteurs privilégiés. Pour s'être régulièrement battu contre des programmes immobiliers dans la ville, l'association Aplessis s'est ainsi attiré les foudres de la mairie. « Le maire nous considère comme des empêcheurs de tourner en rond et nous traite de sectaires, confie le président de l'association, François Collin. Mais quand nous lui avons écrit pour discuter du plan local d'urbanisme, il a bien été obligé de nous recevoir puisque nous sommes agréés ». « De nombreux élus ont heureusement compris qu'il valait mieux prendre du temps pour la concertation afin de mieux faire passer leurs projets », reconnaît Daniel Hannotiaux, président départemental de Sud-Environnement. « La rancune entre Santini et Val de Seine Vert était surtout liée à l'opposition au projet Hamon, mais elle s'est aujourd'hui éteinte, estime Michel Riottot, président d'Environnement 92. Le maire et l'association ont d'ailleurs eu un dialogue constructif sur l'aménagement de la D 7 le long de la Seine. » Preuve que d'anciens adversaires peuvent parfois trouver un terrain d'entente. /LP/030507/Frédéric Mouchon

 

8 e circonscription des Hauts-de-Seine : Chaville, Marnes-la-Coquette, Meudon, Sèvres, Vaucresson, Ville-d'Avray.

 

 

 

par Frédéric Puzin publié dans : Ecologie urbaine
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