Extrait du conseil municipal du 11 mai 2006
Monsieur PUZIN, au nom du groupe des Verts-Sèvres Ecologie, se dit très surpris du discours
unique de Madame MAZARD qui se place directement du côté du propriétaire, la société
GECINA, en reprenant exactement tous ses arguments, en n’émettant pas le moindre doute et
en n’ayant pas conscience que, peut-être, une société qui est le premier propriétaire
immobilier de France, pourrait avoir des motifs différents de ceux qu’elle a exposés, pour
vendre en bloc 251 logements.
Or, dans son rapport d’activité 2004, GECINA, société spécialiste de l’immobilier de bureaux
et de l’immobilier résidentiel, contrôlée par un groupe espagnol, explique bien ses motifs. En
effet, la société réalise des projets beaucoup plus importants dans l’immobilier de bureaux que
dans l’immobilier résidentiel, dont elle souhaite en conséquence se désengager.
Selon Monsieur PUZIN, le rapport de la société insiste davantage sur ses résultats financiers
qui sont excellents, que sur l’approche sociale qu’elle pourrait avoir à propos de telle ou telle
opération, comme l’a indiqué Madame MAZARD dans son intervention.
D’autre part, Monsieur PUZIN pense que l’impact sur le quartier et sur la Ville de cette
opération n’a pas été bien mesuré par la Municipalité. Il souligne que ces 251 logements de la
Résidence, qui globalement en compte 694, est une proportion importante et qu’ils concernent
par ailleurs environ 700 personnes.
Il s’étonne donc que dans ce contexte, la Municipalité n’ait pas pris le temps de mesurer les
conséquences, y compris sociales, de l’opération sur le fonctionnement du quartier et au-delà
sur celui de la Ville.
Il estime que le seul fait que le taux de logements locatifs qui est actuellement d’environ 52%
dans ce quartier, serait ramené à 35% à la suite de cette opération, devrait déjà interpeller la
Municipalité.
Il pense que la Commune devrait réunir les locataires pour évaluer précisément la situation,
notamment pour connaître le nombre de personnes qui peuvent être concernées par l’achat et
puis le nombre de celles dont la vie va être bouleversée par cette opération.
D’autre part, Monsieur PUZIN indique qu’il n’est pas sûr du tout que cette opération
maintienne le même type de population dans ce quartier, en conséquence de quoi, il peut y
avoir des incidences sur les écoles, sur les services publics du quartier dont il conviendrait de
prendre la mesure.
Monsieur PUZIN fait observer que la Commune a des outils d’action, elle vient d’ailleurs de
se doter d’outils supplémentaires en faisant délibérer ce soir le Conseil Municipal sur le PLH.
Il rappelle que chacun, au sein du Conseil Municipal, s’accorde à dire qu’il n’y a pas assez de
logements locatifs, notamment à caractère social, sur la Commune. D’autre part, le Maire a
soulevé au cours du débat sur le PLH toute la difficulté de trouver des terrains libres pour
construire.
Monsieur PUZIN fait remarquer que dans le cas présent, il ne s’agit pas pour la Commune de
construire, mais elle pourrait très bien saisir l’opportunité d’acheter un certain nombre de ces
251 logements pour en faire des logements locatifs sociaux, de reprendre une partie de ce parc
de logements que les locataires n’auraient pas envie d’acquérir. La Commune a cette
possibilité d’action.
Selon Monsieur PUZIN, la Communauté d’agglomération Val de Seine, avec l’outil que
constitue le PLH, a également cette possibilité d’action. Il rappelle à cet égard, qu’un des
enjeux fixés par le PLH de la Communauté est « d’éviter l’amplification du phénomène de
vente à la découpe et surtout ses conséquences en termes de modification de peuplement
induite par la disparition de logements à loyers bas ou intermédiaires » et il lui semble que,
malgré les propos contraires du Maire, la vente de ces 251 logements entre bien dans ce cadre.
Monsieur PUZIN considère qu’il ne suffit pas d’afficher de grandes intentions, mais qu’il faut
véritablement mettre en oeuvre les moyens nécessaires pour parvenir à atteindre les objectifs
poursuivis.
Même s’il est tout à fait prêt à entendre que la collectivité publique n’a pas les moyens
financiers de cette action, Monsieur PUZIN insiste pour qu’une réflexion ait lieu sur le sujet,
quitte même à envisager une opération d’une dimension plus restreinte. Mais, en toute
hypothèse, il s’agit, pour lui, de ne pas se placer uniquement du point de vue de la société
GECINA.
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