D'abord la file traditionnelle où nous serrons la main aux habitants invités. A vue de nez, électoralement, nous faisons quelque chose entre 0,5 et 1% vue la population invitée bien représentative de la droite sévrienne dans sa grande majorité.
Taverne du port, paillote, estrade décorée en bateau c’est dans un décor marin que le maire a reçu ses invités. En veine d’humour, le maire annonce qu’il ne va pas nous emmener « en bateau ». A ce bon mot au côté duquel les blagues carambar semblent avoir été écrites par Pierre Desproges, les édiles voisins invités aux vœux s’esclaffent servilement.
C’est une constante à Sèvres assez curieuse où le maire fait monter sur le tribune dans un beau désordre les élus des communes voisines et du département et où un certain nombre de conseillers le suivent sans protocole. J’avoue ne pas comprendre la signification de son discours entourés de ses invités. Je comprendrai qu’il le tienne au milieu des éluEs municipaux au complet.
Le maire a annoncé sa demande au conseil régional que le lycée de Sèvres soit appelé du nom de Jean-Pierre Vernant. C’est une bonne nouvelle et cela permettra à sa mémoire d’échapper à la polémique qui pointe sur celui qui aura eu le premier l’idée d’appeler le lycée de son nom. C’est à celui qui remarquera de la pointe de sa souris « quelle joie de constater que tous reprennent ma merveilleuse idée » Il va falloir saisir les boites noires de tous pour déterminer qui a gagné ce challenge douteux. Mes félicitations au vainqueur.
Sinon, grosse déception, pas de Sarkozy, du Devedjan en col roulé, du Pasqua, bien éteint, du Fourcade (Jipé) solidement flanqué à la droite de Kosciusko pour ne rien perdre des miettes de « cher Jean-Pierre » et de l’évocation des grandes choses accomplies en commun. Sinon, de la piétaille ump à haute doses, symbolisant le renouveau et le changement si vantés par notre président de conseil général. Jugez : Philippe Juvin, Jacques Gautier, Francis Choisel, la sénatrice Isabelle Debré, toute excitée qui éructe en serrant convulsivement les mains des conseillers de droite « on va gagner », André dit Santini, maire d’Issy et bel exemple, lui, de la révolution centriste avec François Bayrou, bien qu’il se murmure qu’il est sur la voie de la trahison.
N’oublions pas que Bayrou est à droite et que ses amis le sont autant que lui. Et s'il n'est pas à droite, il n'est ni à gauche, ni à gauche.
On sent tout le bouleversement qui va toucher la France quand on examine un peu de quoi sont composés les brigades en cuisine des candidats. La maire de Marnes-la-Coquette n’est venue que pour présenter ses vœux au maire puisqu’elle arrive en coupant la file des citoyens qui attendent d’être salués par les membres du conseil et disparaît aussitôt après dans la foule. Il est vrai que diriger une ville de plus de mille habitants vous donne des droits inconnus au commun des mortels. Par exemple, le député ex-UDF, Baguet a eu droit à voir son manteau déposé au vestiaire par une petite main et toute la brochette d’élus a sagement approuvés les mâles propos de Kosciusko-Morizet sur le développement durable, sur les gestes du quotidien qui…. pendant que la brochette de chauffeurs attendaient dans le hall, voitures à fortes cylindrées garées au plus près du SEL, la puissance se mesurant à ce droit inaliénable pour tout élu de ne pas faire plus de dix mètres à pied entre deux réunions.
A propos de gestes pour l’environnement, le maire a déjà pensé à une dépose-minute au marché vous permettant de prendre en voiture vos courses placées sous la garde d’un vigile et a réussi à citer Jacques Chirac « la planète est en feu ».
Sur la scène les incendiaires hilares regardaient de haut leurs commensaux en se disant « tiens je me taperai bien la petite brune durablement » « il a vieilli Pasqua, je le croyais en prison »,
Etc.
Sinon, un citoyen conscient des ravages de mon comportement sur la planète a bien noté que je prenais des sacs plastiques au Shopi, tout en me souhaitant ses meilleurs vœux. J’ai bien senti que ma vigilance écologiste avait été prise en défaut. Je n’a pu que bredouiller de vagues excuses pitoyables pendant que l’honnête citoyen plongeait ses yeux francs dans les miens. Il a fait la même tête que celle d’Yves Cochet apprenant que je disposais de la carte Auchan alors que nous posions consciencieusement des autocollants anti-ogm dans un supermarché de cette enseigne.
Sinon, belles paroles de notre maire qui a enfin promis d’interdire le développement des banques et agences immobilières, applaudissements mais comme on dit en enfer « le mal est fait ».
Sinon, il faut reconnaître qu’il ne fait pas de discours fleuves et que pour cette seule raison il soit remercié sincèrement. Il s’est même permis à la fin de saluer la noblesse, la courtoisie, l’intelligence, la détermination, et l’opposition constructive que représentaient les deux groupes de l’opposition. Je ne suis plus très sur qu’il ait employé tous ces adjectifs mais le cœur y était et j’ai donc terminé les vœux dans un état proche de l’hébétude, voyant enfin la récompense de 20 ans d’opposition au conseil municipal.
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