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Sèvres

Vendredi 14 décembre 2007

Publicité

Le petit affichage banni de Paris

14/12/2007-12h20 - Emmanuel Berretta - © Le Point.fr

Les affiches publicitaires sur les vitrines des commerçants, bientôt interdites à Paris. Panique chez les petits afficheurs...

Au nom d'une loi de 1979 qui ne fut jamais appliquée jusqu'ici, la Ville de Paris s'apprête, lors du prochain conseil municipal, les 17 et 18 décembre, à bannir le "petit affichage" des vitrines commerciales. Une façon de lutter, bien que très tardivement, contre "la pollution visuelle".

La décision sème naturellement la panique chez les petits afficheurs, au premier rang desquels la société Insert. Sans base légale fiable, ce spécialiste du micro-affichage a prospéré tranquillement, rendant de nombreux services aux annonceurs parisiens à faibles ressources comme les théâtres ou encore la presse. "Ce sont 600 emplois en France qui sont ainsi menacés si la Ville de Paris prend cette décision, s'insurge Francis Folliot, président du directoire d'Insert. Sans Paris, où nous disposons de 13 800 faces publicitaires, nous perdrons 30 % de notre chiffre d'affaires. Autant dire qu'on est morts."

"Pas de chantage à l'emploi"

"Nous ne faisons qu'appliquer la loi et nous ne céderons pas à ce chantage à l'emploi, rétorque Laurent Fary, le porte-parole de Bertrand Delanoë, le maire de Paris. En outre, cette réglementation sur la publicité n'entrera en application que dans deux ans. Ça laisse donc le temps à Insert de s'adapter. Et puis, nous ne sommes pas fermés au dialogue avec les entreprises concernées au cours des deux ans à venir."

Insert se dit victime d'une décision plus ou moins concédée par le maire aux élus Verts de la capitale. "C'est totalement faux !", s'insurge Laurent Fary. Et d'avancer que la commission des sites qui a préparé cette décision a tranché à l'unanimité de ses 12 membres. Cette commission était composée pour une moitié de représentants de l'État (la préfecture), pour l'autre des élus de la ville provenant de toutes les sensibilités politiques. "Le diagnostic a été voté y compris par les élus UMP", affirme le porte-parole du maire.

Un recours contre la préfecture

À Marseille, Montpellier, Strasbourg, Clermont-Ferrand... la loi a été appliquée mais le règlement local a permis de préserver, en dehors des centres historiques, des zones à publicité élargie légalisant le petit affichage. Insert demande que cet aménagement soit transposé à Paris. "Dans la capitale, ce n'est pas possible car tout est historique", explique Pierre-Alain Brousseault, représentant Jean-Pierre Caffet, adjoint à l'urbanisme. En outre, cela introduirait des disparités entre les commerçants : certains auraient le droit de poser des affiches sur leur vitrine et pas d'autres. Le risque juridique est trop grand."

L'Union de la publicité extérieure (UPE) a introduit un recours devant le tribunal administratif contre la préfecture. Mais ce recours n'est pas suspensif.

 

par Frédéric Puzin publié dans : Sèvres aujourd'hui
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