La lettre publique de Guy Konopnicki à Roger Fajnzylberg est d’abord un lettre d’ami à ami , elle est publique et son auteur a voulu la plus large diffusion possible aussi je me permet d'y réagir.
La lettre sur
http://www.jacques-blandin.net/Konopnicki.html
Je suis réservé sur certains points. Plus particulièrement quand il écrit :
« Tu es, comme moi, à jamais, un juif polak. Ils le savent, eux !
C’est pour cette raison que la droite sévrienne s’est acharnée sur toi.
Un maire communiste, youpin au nom imprononçable, administrant une commune où résident tant de gens de bonne extraction, c’était intolérable. Et ce maire, exclu du PCF, demeurait à gauche et se battait encore après sa défaite de 1983 ! Il fallait l’éliminer de la vie publique. La gauche ne t’as sans doute pas donné la place que tu méritais. Mais la droite voulait te briser . »
C’est tout de même accuser d’antisémitisme « la droite sévrienne » dans son ensemble et laisser entendre que son opposition à M.Fajnzylberg était due à ses origines. On peut être antisémite et être de droite, bien entendu, il y a une famille de pensée pour cela mais on peut aisément être de « gauche » et avoir les mêmes penchants. Je ne suis pas sûr que cette grille de lecture soit aujourd’hui d’actualité. Papon a certainement des descendants, Raymond Barre balbutie encore sur les « français innocents » de la rue des Rosiers mais ils le font dans un silence de mort autour d’eux. A la limite, on peut se dire que des relents antisémites ont infecté la campagne de 1983 mais alors pourquoi parler au présent et laisser penser que cela est immanent à nos adversaires de droite ?
Il a été maire et, pour certains, de droite mais aussi de gauche, un mauvais maire, il a été communiste, permanent du parti, ce sont bien des points qui, à mon avis, suffisent à susciter une certaine réserve au delà même de la droite. Je comprend même qu’on puisse être en vive opposition au « parti », et celui qui prévalait à la fin des années 80, comme les décennies précédentes, n’avait pas grand chose d’attirant pour le démocrate de base, voire même de gauche. Quant aux rénovations, refondations, on peut rester sceptique.
Une conseillère municipale du PSU démissionnait quelques mois après l’élection par le conseil municipal de Roger Fajnzylberg en dressant un réquisitoire assez éclairant de ses méthodes de gestion et je n’ai jamais été sûr qu’il reste grand chose à sauver de la période où il a dirigé la ville mais n’étant pas sévrien avant 1982, je n’ai jamais connu le paradis démocratique que par oui-dire.
Mais il est vrai que cela peut éviter de mener des réflexions encore plus poussées pour expliquer un naufrage qui a commencé en 1983 et tenter de comprendre pourquoi on est resté sur ce bateau.
Quant à vouloir « briser » quelqu’un, encore aurait-il fallu ne pas donner de prétexte à une campagne.
« Crois-tu que ces gens t’acceptent, parce que reprend le langage de
l’égoïsme bourgeois, que tu te ranges à leur point de vue, comme si tu
avais toujours vécu comme eux ?
Mais tu as oublié … Tu ne sais plus d’où tu viens, d’où nous venons,
politiquement et socialement.
Tu te trompes, Roger. Pour eux, pour cette réaction qui espère triompher
dimanche, tu seras toujours regardé en fonction de ton passé, de tes
origines. Ils t’accueilleront avec toute la condescendance réservée aux
parvenus ayant piétiné leur acte de naissance. Ils ont pour toi ce
mépris avec lequel tu considères, toi, ceux qui avaient, jusque-là,
partagé tes combats. »
Là, c’est tout de même continuer à nourrir l’idée que la droite c’est le grand capital, la haute bourgeoisie arrogante et que la gauche, c’est la sueur de l’ouvrier et que donc les représentants de l’ouvrier ce sont Jack Lang et Laurent Fabius et ceux de la haute bourgeoisie, Nadine Morano et Jean-Claude Gaudin. Bigard soutient Sarkozy et Torreton Royal. Je les cite juste pour constater qu’il y a une grande attraction « populaire » à droite sur laquelle nous devrions nous interroger et que le plus populaire des deux n’est pas, bien heureusement, Torreton.
La droite, ce sont aussi des valeurs, des analyses, des cultures qui ne ressemblent pas aux notres mais qui méritent aussi le respect. Et puis parlons des droites, c’est comme les gauches. Il n’y pas de famille de pensée unique.
A 31%, il y a un vrai vote populaire de droite même si je suis convaincu que les plus modestes électeurs de Sarkozy se trompent et seront les premiers atteints par les effets néfastes de sa politique. Il y a aussi l’émergence réelle d’une génération politique qui a choisi la droite et qui ne vient pas des beaux quartiers.
On ne peut plus faire le coup de l’ombre et de la lumière, de la guerre d’Espagne, de la libération des camps juste à l’évocation d‘une campagne présidentielle et à l’échouage d’un repenti.
Et je suis forcé de constater qu’il n’y pas que des « arrivistes, des notables, des corrompus » à droite dans les Hauts-de-Seine même si je veux bien concéder qu’ils me semblent plus nombreux qu’à gauche, où chacun sait règnent la vertu républicaine et le désintéressement.
Des notables pourquoi pas mais je ne vois pas bien la différence entre des notables de droite et des notables de gauche. Quant au « piétinement de l’acte de naissance » effectué par Roger Fajnzylberg, c’est un bel hommage à Sarkozy, c’est donc dès notre naissance que notre destin politique est tracé. Un peu de distance "siérait", comme on dit dans les salons, au débat démocratique, jamais je ne voterai Sarkozy mais je me méfie, par nature des emballements qui nous font plus de mal que de bien.
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