Aller en
séance du conseil général des Hauts-de-Seine constitue une aventure inhabituelle. Le bâtiment est gros, laid et impersonnel, une porte à tambour ne laisse passer que nos notables conseillers
généraux, déposés, pour la plupart par leurs chauffeurs qui s’empressent de leur ouvrir la portière pour éviter que l’élu ne soit contraint de l’ouvrir lui-même.
Pour aider à la convivialité du lieu, une guérite est installée à 50 mètres de la porte où un aimable cerbère fait attendre le bas peuple qui souhaite assister à la séance. Pour pénétrer dans
l’enceinte, on passe par une entrée de côté, sombre et étroite où le détecteur de métaux nous attend. Au bout de 15 marches, on a droit au tapis et on débouche dans une salle
« moderne » dans le mauvais sens du terme.
Le président est face à l’assemblée entouré de ses services et ses vice-présidents comme tous les autres élus sont dans la salle face à lui.
L’appel mentionne l’absence d’un certain conseiller général nommé Nicolas Sarkozy. Et de nombreux conseillers de gauche sont absents. Je n’en vois que 5 présents. Vincent Gazeilles, conseiller
général vert, distribue à chaque place de conseiller le communiqué des associations contre l’élargissement de la rd7. A ma grande stupéfaction, le maire de Sèvres, François Kosciusko-Morizet
découvre le papier, le déchire brusquement et commence à prendre à parti l’élu vert. Il ne changera pas d’humeur, cassant, vindicatif, se levant pour aller porter lui-même un petit mot au
président. La courtoisie a quitté l’hémicycle du conseil général.
A noter l’attitude d’Odile Fourcade, qui considère que l’aspect économique, entendez élargir l’avenue, doit primer sur l’environnement. Cette élue qui se targue d’être sensibilisée par l’écologie
adopte une position qui nous ramène 20 ans en arrière.
Patrick Devedjian commence assez mou et s’échauffe doucement en soutenant que les seuls personnes qui peuvent prendre parti sur un dossier d’aménagement comme celui de la rd7 sont les élus départementaux. Il récuse les associations et les prises de positions citoyennes. Pour lui, la rd7 étant départementale, seule sa majorité peut décider de tout, les élus locaux notamment ceux d’Issy-les-Moulineaux qui avaient voté un projet alternatif, ne sont rien et n’ont rien à dire puisque la voie est à lui.
D’ailleurs, monsieur Subrini, conseiller général d’Issy, s’est prudemment démarqué du vote de son conseil municipal. Vincent Gazeilles ayant évoqué l’idée d’un « passage en force » de la majorité sur le dossier, monsieur Devedjian, arbitre de la courtoisie républicaine trouve le terme « injurieux ». Les associations reçoivent un soutien argumenté des élus de gauche, Nadine Garcia, Guy Janvier et évidemment Vincent Gazeilles. A l’issue du vote, les membres des associations présents, emmenés par Luc Blanchard, président de Val de Seine Vert , déploient un texte « non à la 4 voies » en lettres dont chacune est tenue par un militant. Bel effet dans la salle.
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