Frédéric Puzin
Alain Juppé est battu. C’est une bonne nouvelle et ce n’est pas mal de s’en réjouir. Le mépris qu’a toujours montré ce politicien pour l’éthique démocratique est évidente.
Condamné, il purge sa peine, en séjour canadien où il trouve la lumière écologiste. En un an seulement, c’est remarquable. Il n’a pu se prononcer que sur la qualité de la viande de raton-laveur, qu’il préfère biologique, car il n’a passé qu'un an au Canada et donc, les ogm, le nucléaire, les autoroutes, enfin tous les trucs modernes, il n’ a pas eu le temps de se faire une opinion écolo alors il a gardé l’ancienne.
Après cela, il se fait réélire à la mairie de Bordeaux, jurant qu’il y consacrerait sa vie. 6 mois plus tard, il prend la tête du plus grand ministère qui ait jamais existé, et dépose dans la foulée sa candidature aux élections législatives. Il n‘en était pas obligé. Il aurait pu laisser Hugues Martin, son adjoint, y aller et montrer que ville et ministère lui suffisait, non, il fallait marquer son territoire et que son adjoint comprenne que lui seul le faisait roi. Car les ministres qui se présentent aux élections ne veulent pas seulement se soumettre au vote populaire et en tirer une légitimité, ils veulent aussi délimiter leur territoire et ne laisser aucun jeune loup s’emparer d’une circonscription où il faudra bien revenir un jour.
C’est donc un menteur professionnel qui vient d’échouer et ce sont d’autres menteurs qui pleurent des larmes de crocodiles sur son éviction. « Courage, dignité, serre les dents » etc. on a l’impression qu’un deuil profond vient de toucher une pauvre et malheureuse victime. La victime c’est le plus pur produit de la droite conservatrice, élitiste et arrogante et il vient de perdre un mandat de député qu’il ne possédait plus.
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