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Sèvres

Lundi 22 octobre 2007
Entre cinq et six sièges de plus au National et un premier élu au Conseil des Etats, avec le Genevois Robert Cramer: le parti savoure sa victoire.

Valérie de Graffenried
Lundi 22 octobre 2007

Les Verts ont le vent en poupe. Avec probablement six sièges gagnés au National (ils passeraient ainsi à 20 sièges; 9,3%) et l'entrée du premier Vert au Conseil des Etats, le Genevois Robert Cramer, ils sont clairement les deuxièmes grands vainqueurs de ce 21 octobre. Différents sondages prédisaient cette victoire.

Ce succès, qui confirme la tendance qui leur avait permis de passer de 4,9% des voix en 1999 à 7,4% en 2003, n'a pas pour autant poussé Ruth Genner à revendiquer immédiatement un siège au Conseil fédéral (lire ci-dessous). Pour elle, la présence de Verts au gouvernement ne sera possible que s'il y a un «consensus minimal au sein du gouvernement».

Les Verts ont éclos dans les cantons de Vaud, Genève, Bâle-Ville, Berne, et Soleure, en gagnant dans chacun de ces cantons un siège. Cela devrait aussi être le cas à Zurich. A Genève, les Verts ont gagné un second siège au profit de l'extrême gauche: Pierre Vanek (SolidaritéS) n'a pas été réélu. Dans le canton de Vaud, ils décrochent un troisième siège, le conseiller national Luc Recordon, la conseillère communale lausannoise Adèle Thorens et le syndic de Lausanne Daniel Brélaz occupant les premières places. Au Conseil des Etats, Luc Recordon n'a en revanche pas passé le premier tour. A Bâle-Ville, l'Alliance verte (Verts et Basta!) a pris un siège au PS. Il sera occupé par Anita Lachenmeier-Thüring. A Soleure, c'est également une femme, Brigitt Wyss, qui rafle un siège au PS.

Le thème du réchauffement climatique et son «effet mode» sont à l'origine de la poussée électorale des Verts. «Cela démontre que les Suisses ont véritablement envie de changement», s'est exclamée Adèle Thorens à la TSR. La plupart des sièges ont été recupérés sur le dos du PS. Les Verts se révèlent ainsi être en quelque sorte les fossoyeurs des socialistes. Ce qui rend le PS amer. A Genève, où les Verts progressent de 5 points pour atteindre près de 17% des suffrages, la présidente des socialistes Laurence Fehlmann Rielle attribue clairement la défaite des socialistes à la vague verte «qui a submergé Genève».

Interrogée par la radio, la conseillère nationale Christine Goll (PS/ZH) a déclaré que la progression des Verts la «réjouissait». «Mais si cela se fait au détriment du PS, nous ne gagnerons pas à Berne», a-t-elle aussitôt averti. Extrêmement satisfait de la première entrée d'un Vert au Conseil des Etats, Ueli Leuenberger, le vice-président des Verts, a lui aussi réagi en ce sens, relativisant ainsi un peu la victoire de son parti. «On aurait effectivement aimé progresser avec le Parti socialiste, avec le camp rose-vert, ce qui n'a pas été le cas», a-t-il souligné à la RSR. Et d'accuser l'UDC, et sa campagne «à plusieurs dizaines de millions» d'être à l'origine de cet état de fait.

A Zurich, les Verts libéraux, qui font pour la première fois leur entrée en scène, ont gagné trois sièges. Leur président Martin Bäumle, savourant cette victoire, a rapidement fait savoir que les Verts libéraux pourraient rejoindre, au National, le groupe PDC ou celui du PEV, le parti évangélique. Ecologie libérale n'a en revanche pas fait de percée.




par Frédéric Puzin publié dans : Ecologie urbaine
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