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Sèvres

Samedi 10 décembre 2005


La droite travestit ’histoire en évoquant une mauvaise situation de la ville en 1983 et son « relèvement » par elle-même.   
 
Sans entrer dans la défense d’une gestion de « gauche » à laquelle nous ne participions pas et sur laquelle nous n’éprouvons aucune complaisance, la ficelle est indécente.
L’équipe de la droite actuelle a évincé le conseiller général de son poste de maire en 1995. Pourquoi ? Le bilan de la période 83-95 n’est pas en blanc ou noir, nous devons saluer, par exemple, l’effort de construction de logements sociaux, complètement stoppé aujourd’hui. Mais comment en est-on arrivé à voir inscrit sur l’arrêt de bus en face de l’hôtel de ville : Mairie = danger ?  


Sèvres était connue par sa forte activité associative totalement indépendante des structures municipales. La droite a tenté d’éliminer les projets alternatifs qui s’étaient développés aussi malgré la municipalité précédente : un café associatif autogéré par des lycéens, une coopérative biologique située en plein centre ville, une école de musiques « tangentes », et d’autres encore… Les habitants d’une rue tentaient vivre autrement la ville. Tout n’était pas « vert » mais Sèvres était vraiment en sève.   

 

Un groupe armé attaque au petit matin le local des associations et fait plusieurs blessés. Le centre culturel est rasé par des bulldozers (la justice sera saisie de cet épisode et à la demande de Frédéric Puzin, condamnera la municipalité actuelle pour avoir fait payer par la ville une amende pénale). Un comité de censure de la bibliothèque municipale est formé,  avec une épuration des ouvrages pour enfants de tout ce qui peut avoir un rapport même lointain avec la sexualité et la mise en cause des « autorités ». La mairie propose aux écoles un ouvrage d’éducation civique, édité par une association luttant contre « l’hydre marxiste ». La plaque de la salle Salvador Allende est enlevée. La rue du « 19 mars 1962 - Fin de la guerre d’Algérie » est débaptisée au profit des « Combattants d’Afrique du Nord ».

 

Pour ne pas voir le portrait de François Mitterrand, seul, dans la salle du conseil municipal,on y adjoint les autres présidents de la Ve République.

 

La MANO NEGRA en arrive à organiser un concert au centre-ville de Sèvres contre le maire de l’époque. Etc.  

 
De 1983 à 1995, 27 conseillers municipaux, dont aucun n’était inscrit dans un parti d’extrême droite, n’ont pas démérité sur le front de la remise en ordre idéologique.

 

 

 

par Frédéric Puzin publié dans : Commentaires
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