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Sèvres

Mercredi 29 mars 2006

 

La mixité sociale c’est comme le pâté d’alouette et le développement durable, on ne sait pas trop avec quoi c’est fait mais les mots font joli. Un esprit faible pourrait comprendre moitié-moitié mais non la mixité à droite c’est 20% au grand maximum de logements sociaux mais, c’est souvent beaucoup moins. 

En 1994, le schéma directeur de la région s’engageait pour une véritable mixité du logement. 12 ans après rien n’est fait mais, la main sur le cœur, on s’engage dans le programme local de l’habitat.

Boulogne-Billancourt a 10% de logements sociaux et ne rattrapera pas son retard pour les 20 ans qui viennent. Jean-Pierre Fourcade veut pourtant vendre les rares logements sociaux à leurs locataires.

 Sèvres considère que 24% c’est déjà beaucoup trop alors que plus de la moitié de sa population pourrait prétendre à un logement social et que 60 % des autres n’auraient pas les capacités financières de se loger dans Val de Seine s’ils souhaitaient changer de logement. Dans les Hauts-de-Seine, il y a eu une perte moyenne de 5000 euros de revenus annuels déclarés par foyer fiscal entre 1993 et 1997, et de plus de 3000 encore aujourd’hui. Par contre Sèvres et Boulogne-Billancourt ont à nouveau dépassé (légèrement) le niveau moyen de 1993. Cela illustre le mouvement de fuite des revenus modestes et moyens. Ceux qui s’installent dans nos communes sont plus riches que ceux qui les quittent.

 Il y un solde migratoire négatif des familles avec enfants et on constate que 75% des administrés de Boulogne-Billancourt et 60% de ceux de Sèvres sont des ménages sans personnes à charge. Les familles sont une rareté statistique. Nous devenons des villes de personnes âgées et si des couples de jeunes actifs s’installent à Boulogne-Billancourt, ils la quittent au premier enfant.
Le parc social est concentré et insuffisant. Sur Sèvres 76% est sur ce qu’on appelle joliment la vallée, couloir des pollutions visuelles, chimiques, du bruit, la départementale 910. 
2,1% des logements sociaux sont placés sur le coteau rive-droite et 7, 3% sur le rive-gauche. Les 80 places obligatoires depuis des années pour les gens du voyage sont absentes. La droite les verraient dans le parc de Saint-Cloud ! Le plan départemental de relogement avait un  objectif de 54 ménages. L’accueil a été limité à 24 en 2003 et c’est l’insuffisance du parc social qui limite notre devoir de solidarité.

 

par Frédéric Puzin publié dans : Sèvres aujourd'hui
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