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Sèvres

Vendredi 22 septembre 2006

 

 

 Les jeunes ne constituent pas un groupe homogène. A Sèvres, comme ailleurs, les barrières de classes existent et elles peuvent être renforcées par une sélection scolaire précoce et coûteuse même dans l’enseignement public. Il y a un domaine ou la parité n’est pas trop souhaitable c’est celui de la violence. Seuls des jeunes garçons ont, par exemple, été concernés par les « émeutes ». Il n’y a pas eu de « pétroleuses ». Il existe donc une autre forme d’expression que l’incendie furtif ou l’affrontement en bandes avec les alter-ego CRS. L’éducation donnée dans les familles n’est pas identique selon le sexe de l’enfant. Des libertés accordées aux garçons par rapport aux filles se retournent contre nombre d’entre eux, incapables d’intégrer que « la liberté, c’est la nécessité comprise ». Faute de l’avoir compris et/ou de disposer des relais éducatifs qui valorisent l’investissement scolaire, un beaucoup plus grand nombre de garçons que de filles se trouve en difficultés.  La maîtrise de la langue et l’investissement dans l’école sont primordiaux dans l’intégration sociale. Or cette maîtrise fondamentale est inéquitablement partagée. Les évaluations en lecture dans le cadre de la journée d’appel de préparation à la défense ( passée vers 17 ans) révèlent que 11% des jeunes ont des difficultés face à l’écrit :  14,2% des garçons et 7,8% des filles et cette différence s’observe quelque soit le niveau atteint. Les résultats scolaires obtenus par les filles des mêmes quartiers que les garçons sont sans contestation bien meilleurs alors qu’elles souffrent d’au moins les mêmes difficultés.  Il n’est pas dans mon propos de prétendre que tout va bien pour le sexe féminin dans notre société, il y a plus de chômeuses que de chômeurs, la précarité de l’emploi est majoritairement subie par les femmes, les mécanismes de sélection des cadres et dirigeants handicapent leurs carrières, les hommes n’assument encore que rarement les charges liées au foyer et aux enfants, les premières victimes des violences des hommes sont les femmes etc. mais il y a un domaine sur lequel toute notre société machiste devrait s’interroger c’est sur les procédures de résolution non-violente des conflits. Et pour cela il me paraît que les hommes, jeunes ou pas, ont beaucoup à apprendre.

 

 

par Frédéric Puzin publié dans : Sèvres aujourd'hui
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