Un billet de Jean-Luc Porquet avec lequel je me sens en plein accord. Je pense que l'écologie vient de souffrir terriblement de la période que nous venons de traverser non pas à cause du score de Dominique voynet mais à cause de la démarche de Nicolas Hulot.
Je n'ai pas signé son pacte et je n'ai pas l'intention de le faire à moins qu'il ne s'engage sur les fondamentaux du programme des verts. Il est moins médiatisé mais sur beaucoup de points plus concret.
Si Allain Bougrain-Dubourg peut, dès la prochaine saison, faire appliquer la réglementation pour la chasse aux oiseaux, appuyé par la force publique, je reviendrai sur ma réflexion. Mais là, ogm, nucléaire, chasse, réseau routier etc. rien ne nous sera épargné.
Alain Juppé dit qu'une année au Canada l'a rendu écologiste. Pendant 30 ans de carrière politique, cet homme n'a donc jamais écouté ce que disaient les écologistes au sein de son conseil municipal, au parlement et ailleurs.
I faudrait pour être crédible dans le domaine écologique, y croire vraiment. Ils (Juppé et consorts) n'y croient pas vraiment et les écologistes le verront rapidement.
Le Canard enchaîné du 23 mai 2007
T’as voulu voir Grenelle
Ils en avaient tellement envie ! Eux, les écologistes, les zozos, ceux qui veulent s’éclairer à la bougie, ceux dont la classe politique française ricane depuis trente ans, et voilà que not’ nouveau président les reçoit en petites pompes à l’Elysée ! Et leur dit tout ce qu’ils voulaient entendre : en octobre prochain, les gars, j’organise un « Grenelle de l’environnement ». Oui, Grenelle, comme en mai 68 ! Et on parlera de tout, « sans tabous »…
Et, attention, on se fixera des objectifs précis, chiffrés, sur cinq ans, ça sera du concret, du solide, pas du bla-bla. D’ailleurs, c’est l’aimable Juppé, avec sa tête de converti à l’écologie, qui va s’occuper de tout, lui et son Grand ministère du Développement durable. Affriolant, non ? Alors les neuf présidents d’associations écolos (de Greenpeace à WWF en passant par les Amis de la Terre) sont sortis de l’Elysée ravis.
« Une rencontre historique », a dit l’ami des oiseaux Bougrain Dubourg. « On met enfin de côté nos petits préjugés », dit Nicolas Hulot. Quels préjugés ? En février dernier, l’Alliance pour la planète, qui rassemble 71 associations de défense de l’environnement (dont celles qu’a reçues Sarkozy lundi), avait examiné à la loupe et noté les programmes des candidats : avec 8,5 sur 20, Sarko avait écopé d’une des pires notes écolos.
Il faut dire que l’homme « qui va faire ce qu’il dit » l’avait très nettement dit : il voulait bien tout mettre sur la table, sauf…
Sauf le nucléaire : pas question d’un moratoire sur l’EPR.
Sauf les OGM : pas question d’arrêter les essais en plein champ.
Sauf les autoroutes : pas question de cesser d’en mettre partout.
Et puis pas question non plus de déranger les tenants de l’agro-industrie qui ont fait de la France un champion mondial des pesticides, et de ses rivières parmi les plus polluées d’Europe.
Pas question, même si toutes les villes de plus de 100 000 habitants sont désormais abonnées aux pics d’ozone et de gaz carbonique (24 jours par an en moyenne) et qu’une étude de l’Inserm vient de prouver que les gaz d’échappement rendent vraiment les enfants malades (asthme et eczéma), pas question de s’attaquer à la bagnole.
Pas question non plus d’énerver nos amis chasseurs. Ni l’ami Bouygues, qui continue de couvrir la France d’antennes relais. Ni l’ami Proglio, qui trouve que 158 incinérateurs (record mondial) ne suffisent pas vraiment. Etc. Bref, si quelqu’un a de « petits préjugés » sur l’écologie, c’est bien Sarkozy !
Et justement : aujourd’hui, les Verts sont dans les choux, et l’écologie politique à la ramasse. Avant les législatives, il essaie donc de rafler la mise en montrant que, plus Vert que lui, y a pas, même à gauche. De là à croire qu’à peine élu il a de nouveau « changé »…Ah, un détail : le « Grenelle de l’environnement », qui devait avoir lieu en septembre, est repoussé à la première quinzaine d’octobre. Cas de force majeure : Nicolas Hulot doit finir un tournage pour TF1.
Jean-Luc Porquet
Un dessin illustre cet article avec un dialogue entre Juppé et les ONG environnementales :
Les ONG : “- Si vous continuez le nucléaire, les OGM et les autoroutes, on parle de quoi ?”
Juppé : “- De l’ours des Pyrénées, si vous voulez”
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